Puzzles & casse-tête en bois gratuits à fabriquer, construire soi-même

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faire du feu sans allumettes

Avant l'avènement des allumettes, faire du feu faisait appel à des techniques longuement misent au point par l'humanité. leur transmission faisait partie de la culture commune depuis des temps préhistoriques. Au départ un secret qui donnait l'avantage aux initiés qui maîtrisaient cette technique. Puis on l'imagine, un tournant pour l'humanité.

Cette connaissance indispensable qui s'est largement répandue, mais qui a quasiment disparue, en une ou deux générations, au profit de l'utilisation des allumettes un bien de consommation courante. Il n'y a plus que les scouts,  les "survivalistes" (ceux qui pensent survivre à la fin du monde) et dernièrement les candidats à l'émission "Koh-lanta" pour continuer à faire du feu avec ces techniques (d'ailleurs on voit bien qu'ils ne savent pas).

Les allumettes de sûreté telles que nous les connaissons aujourd’hui ont été inventées en 1852. Elles permettent d’obtenir une flamme en une seule opération.

Composées d’un bout de peuplier soufré et d’un « bouton » de phosphore rouge mélangé à du sulfure d'antimoine, du dioxyde de manganèse, de la gomme, du chlorate de potassium et frottées sur un grattoir composé de poudre de verre et de phosphore rouge.

Initialement fabriquées avec du phosphore blanc, elles ont faillit disparaître pour trois raisons :

1 elles s’enflammaient trop facilement provocant des accidents et des incendies

2 elles constituaient un poison aussi violent que l’arsenic

3 elles provoquaient une maladie professionnelle la nécrose des os des mâchoires

 

Le phosphore c’est le très impopulaire napalm, les feu follets des cimetières suite à la décomposition des corps. Avec 100 Kg d’os on produit 15 Kg de phosphore. C’est l’invention du phosphore rouge qui les a sauvées de l’interdiction par les services d’hygiène. Car avec le phosphore blanc  des cas d'empoisonnement par chute d'allumettes dans du café ont provoqués des morts.

Le phosphore rouge s’obtient en faisant chauffer du phosphore blanc à 270°C pendant plus de 10 jours (son point d’ébullition est à 290°C).

Ainsi préparé le phosphore rouge ne s’enflamme qu’à 240°C, il est insoluble dans les sucs gastriques et non toxique.

 

Il n'y a qu'à considérer le cérémonial qui entoure la flamme olympique pour voir encore les traces dans notre culture de l'importance symbolique du feu. Pour en avoir fait l'expérience, il y a un plaisir primitif à faire du feu sans allumettes et un constat à en tirer: ce n'est pas si facile qu'on croit et on s'aperçoit que nos ancêtres étaient des techniciens particulièrement observateurs,  habiles et prévoyants, car les différents procédés font appel à des propriétés très spécifiques, des tours de mains pour lesquels un entrainement est indispensable et des conditions à remplir qui demandent une projection dans l'avenir de plusieurs mois. En quelques mots faire du feu sans allumettes ça ne s'improvise pas il faut se préparer,  être équipé et disposer de matières premières conservées dans des conditions spécifiques et particulièrement choisies.

 

On peut dégager le principe général. Faire du feu demande de franchir des étapes par palier.

Faire une étincelle, puis une braise, puis une flamme, puis faire du feu avec des grosses bûches. Remontons la chaîne:

si on dispose d'une flamme comme un briquet à gaz on ne pourra pas allumer une bûche. Instinctivement on sait qu'il faut allumer du papier puis des brindilles puis du petit bois et enfin des grosses bûches et encore pour que ça marche il faut du bois plutôt très sec et depuis plusieurs mois.

Pour produire une flamme à partir d'une braise comme un mégot de cigarette on sait qu'il faut d'abord souffler dessus pour raviver la braise puis la mettre au contact de quelque chose qui s'enflamme très facilement comme l'herbe elle aussi plutôt sèche (encore), des épines de pin sèches aussi, de l'essence, un tissus imprégné, du lichen, etc...

Pour produire une braise on va projeter une étincelle ou échauffer un produit très facilement inflammable comme le coton carbonisé, l'amadou extrait d'un champignon aéré et préparé par grattage ou éventuellement si on en dispose du gaz.

Pour produire une étincelle on dispose du silex avec de l'acier, de la pyrite ou de la marcassite, un fire steel pour la méthode par percussion, un forêt et une planche ou deux bout de bambou pour la méthode par friction, la loupe pour la méthode optique, le piston pour la méthode pneumatique, etc....

Le mot de "briquet" désigne tout procédé qui permet l’allumage d’un feu, ainsi on parle aussi de briquet à percussion, à friction, optique ou pneumatique.

rappelez-vous l'expression "battre le briquet" dans la chanson "au clair de la lune".

 

Avec un briquet à percussion on frappe une lime en acier ou une pierre de pyrite ou marcassite (tout ça contient du fer) avec un silex. Ainsi on projette des billes de fer suffisamment chaudes pour initier la combustion d'un élément très inflammable.

Jamais on a fait ni on ne fera du feu avec deux silex. Il s’agit là d’une idée fausse couramment répandue y compris dans des ouvrages sérieux ou scientifiques voir encyclopédique et dans des ouvrages comme ceux des scouts de France. Incroyable mais vrai. L’étincelle de deux silex ne donne qu’une lumière froide incapable d’allumer quoique ce soit. On parle de triboluminescence.

 

Le mot de briquet aujourd’hui n’évoque pour nous que le briquet à gaz du baron Bich commercialisé seulement en 1972 dans sa version jetable les premiers ne datent cependant que de 1933.

Le briquet à gaz ne doit son étincelle qu’à un petit cylindre de « pierre à briquet » de 2mm sur 5mm inventé en 1903 composé principalement de fer et de cérium frotté contre une molette d’acier au carbone.

L’amadou est tiré de l’amadouvier une famille de champignons parasites des troncs d’arbres comme le peuplier, le chêne, le bouleau, le hêtre…

Mais si on prend un morceau de champignon coupé en deux et que l’on projette des étincelles dessus il ne se passe rien il est trop compact et dans cet état difficilement inflammable. Il faut encore le préparer: en grattant la partie sous les tubes avec une lame (de silex ou d’acier) pour l’aérer lui donner la texture du coton. Plus tard on le préparera en lui faisant subir un bain de salpêtre (nitrate de potassium) pour le rendre encore plus facilement incandescent. Mais il ne produit qu’une braise (300°C) pas encore de flamme (600°C).

On peut se fabriquer un amadou artificiel avec du coton carbonisé sur un feu dans une boîte en fer à l'abri de l'air. On peut aussi en produire à partir de bois avec la méthode par friction. On obtient une poudre légère et aérée partiellement carbonisée et l'utiliser avec une autre méthode. 

Le fichier du tableau sur la compatibilité des bois européens pour briquet à friction avec un archet. Un couple de nature de bois est considéré comme compatible si la braise est obtenue en moins d'une minute. L'optimum est obtenu avec le tilleul pour le forêt et le lierre pour la planche mais pour des raisons pratiques personnellement j'utilise un forêt de  hêtre à partir d'un vieux manche à balais pour sa rectitude et une planche en lierre et j'obtiens du feu à chaque fois en moins de cinq minutes. Certains bois peuvent convenir à la fois pour le forêt et la planche: 

 

La méthode par percussion mais il faut déjà trouver de la marcassite ou de la pyrite et savoir la reconnaître:

 

La méthode par friction avec archet (ma méthode préférée):

 

Beaucoup plus difficile sans archet c'est possible mais il faut un gros entraînement:

 

le fire stick ou  fire steel et des copeaux, rapide, mais demande un objet artificiel:

 

un autre

 

Le briquet à piston (pas facile à se fabriquer):

 

 

Une pile et de la paille de fer pas très naturelle non plus:

 

 

avec une loupe improvisée, une bouteille d'eau mais il faut un beau soleil:

 

Ou avec une cannette vide et jetée puis polie (il faut aussi un beau soleil)

 

Une vidéo dans un style comique sur un peu toutes les techniques:

 

 Sinon le bambou reste une technique encore actuelle dans une grande partie du monde, l'Asie:



 Si vous pensez que ce n'est pas possible sous la pluie regardez cette vidéo:

 

et même en trempant tout dans l'eau avant mais on remarquera la durée qui augmente, 18 minutes

 

La préparation de l'amadou:

 

la préparation du coton carbonisé:

 

La fabrication d'un piston:

 

Le briquet à amadou des bergers basques:

 

Un allume feu à base de résine de pin pour la phase entre la braise et la flamme:

 

Et la dernière technique pour allumer un feu sans fumée:

 

 Une curiosité faire du feu avec que des articles Ikéa!

 

Une  vidéo qui nous explique l'origine des couleurs dans les flammes.



19/10/2013
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